Hommage à Aristides de Sousa Mendes, le Consul proscrit

Dans le cadre d'un large panorama historique et culturel dédié aux Justes de France ,différentes manifestations  ont été programmées par le Musee de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, grâce à la détermination de son président Olivier Cogne  avec la coopération de nombreuses associations juives  et non juives et ce depuis novembre 2012 jusqu'en mai 2013 pour le Devoir de Mémoire auprès de nous tous, mais aussi surtout nous l'espérons pour éduquer les jeunes générations à la Vigilance, à la Résistance et au Respect des Mémoires.

Le documentaire , exceptionnel dont je vais vous  dire quelques mots a été projeté au Palais du parlement, place St André à Grenoble à l'nitiative du CRIF de Grenoble  par sa présidente Edwige Elkaim le jeudi 21 mars  2013 dernier .Il s'intitule le Consul proscrit et date de 1993.

Les réalisatrices Téréza Olga et Diane Andringa ont donné leur accord pour une diffusion publique, gratuite, dans un cadre educatif .Il fut presenté à la radio-télévision portuguaise et France3 Aquitaine en 1993 et dure 54 mns.

Le travail minutieux, rigoureux et exigent des réalisatrices et du biographe Eric Lebreton  dans les archives historiques portugaises et françaises nous ont permis de cerner de près les problèmes de conscience de ce haut fonctionnaire internationnal Aristide De Souza Mendès (19/7/1885-3/4/1954) qui,  au péril de sa carrière, a délibérément refusé  d'obéir aux ordres du gouvernement portugais, sous Salazar qu'il représentait à Bordeaux en plein conflit  nazi entre l'Allemagne, et la France et ce en 1940.

Le parcours de ce diplomate 'hors normes', croyant, a démontré son courage, sa force de caractère,son charisme,sa philantropie pour ces pauvres gens, juifs et non juifs pourchassés par le Fûhrer dont le seul crime était de fuir la mort vers un pays libre :  le Portugal alors, en obtenant un visa.

Le visa de la Liberté leur fut tamponné par le Consul lui-même, cet homme sensible ,charitable, altruiste : Aristide de Souza Mendès.

L'organisation israélienne  'Yad Vashem' , à Jérusalem lui décerna la médaille de Juste parmi les Nations   parcequ'il a pu sauver ainsi une trentaine de mille êtres humains, parmi lesquels 10 000 juifs. Ces survivants de la Shoah  témoignent dans ce film et  lui expriment leur reconnaissance.

Cependant il fut banni par son gouvernement, expulsé par le ministère des affaires étrangères de son emploi , fut privé de sa retraite et condamné à vivre dans la misère, ….alorsqu'il était en charge d'une famille de 15 enfants.

Il fut réhabilité plus de quarante ans apres la seconde guerre mondiale par la France en 1988, et par le Portugal en 1990.

Quelques questions furent posées par l'audience  à l'un des petits-fils Gérald Mendès vivant au Québec  et au biographe Eric Lebreton invités à cette occasion .

L'une des conclusions rapportée par l'audience fut de transmettre son nom à des etablissements scolaires, des lieux patrimoniaux, comme cela fut fait sur le mur des noms des Justes à Paris,.....Mais surtout que sa mémoire soit transmise dans les livres d'Histoire des collégiens et des lycéens, puisque c'est par la transmission pédagogique d'actes de bravoure des Justes , de témoignages des survivants  dont 200 000 échappèrent à cette Shoah , que les jeunes  prendront exemple.

 

Maryse Saya

Professeur-Documentaliste